Description d’un combat

Wilde Gallery
Rue du Vieux-Billard 24
CH — 1205 Genève

La première fois qu’Adel Abdessemed a travaillé avec de la tôle imprimée – le métal de conserves alimentaires et de bidons de substances dangereuses – c’était en 2005, pour une petite oeuvre jamais exposée, Monsieur Poulet, d’après le film « Cocorico Monsieur Poulet », 1974, du cinéaste et anthropologue français Jean Rouch.

Après la série des sculptures Queen Mary II, 2007, et la grande série des Mappemondes, 2010 – 2014, l’artiste commence en 2017 la série des Cocorico Paintings, en cours de réalisation jusqu’à aujourd’hui, fabriquée à partir du même métal imprimé recyclé, chaque pièce fonctionnant comme une oeuvre unique. En effet, malgré la similitude formelle qui caractérise ces oeuvres, toutes affichent une beauté et une élégance picturale qui leurs sont propres.

Abdessemed s’adresse à la peinture et à son histoire millénaire de façon directe. Et pourtant, dans chaque tableau, il insère des mots qui ne sont ni des titres, ni des commentaires, ni même des slogans qui s’imposent sur le fond pictural, mais plutôt des notes en marge où le hasard joue tout son rôle évocateur.

Biennale – Sculpture Garden

Quai Gustave Ador, Geneve

Adel Abdessemed
Coup de tête
2012
Bronze
540 x 348 x 218 cm

« Nuit espagnole » Abdessemed & Ono-Dit-Biot – Publié le 02 octobre 2019

Nuit Espagnole

Adel Abdessemed, l’un des plus audacieux artistes d’aujourd’hui, connu dans le monde entier pour sa liberté irréductible exercée contre tous les pouvoirs, reçoit une mystérieuse invitation à passer une nuit dans le musée Picasso, au cœur de l’exposition « Guernica ». Mais la toile mythique y sera absente. Peinte au lendemain des bombardements fascistes, qui le 26 avril 1937 ont réduit en cendres la ville basque, elle ne peut plus quitter l’Espagne.

Il sera accompagné d’un écrivain qui admire son travail, et a reçu la même invitation, sans plus d’explication. Il sera le « scribe » de l’artiste.

Le temps d’une nuit intense, sillonnée par les éclairs lancés par les oeuvres d’art, les confessions de l’artiste sur son travail et l’Algérie, et ses dessins au charbon, ils vont traverser le musée comme deux Orphée qui ne peuvent pas se retourner. Dans ce pas de deux sensuel et électrique, on ne sait plus qui manipule qui.

 

Collection « Ma nuit au musée », Éditions Stock